Ola la compagnie!
Fin janvier, j’ai terminé mon volontariat à Ayacucho, l’occasion pour moi de remettre un peu d’ordre dans mes idées. Que faire maintenant ? rester à Ayacucho pour
commencer un autre projet ou reprendre la route ? Les deux possibilités sont tentantes et ont leurs avantages… Mais les contraintes pratiques auront raison de mon incertitude : je
devais de toute façon partir d’Ayacucho pour aller renouveler mon permis de séjour qui touchait à sa fin.
Je me suis donc mis en route direction la frontière bolivienne, pour un trip de 4 semaines où m’attendaient de chouettes rencontres, des émotions fortes, des moments de
solitude, des instants de pure beauté, des couilles et tuiles en tous genres,... Ce qui est sûr, c’est qu’en voyageant, on n’est jamais immunisé contre les surprises ;)
Carte itinéraire
Premier arrêt : Cusco ! Mais avant d’arriver à Cusco, il m’est arrivé quelque chose d’inhabituel. Le mois de février est connu pour être le mois le plus pluvieux dans
la région de la sierra (=les montagnes). Résultat, il est courant de voir des éboulements sur les routes, ce qui généralement provoque des retards… le temps de déblayer la route. Mais parfois les
éboulements sont plus importants… et dans ce cas, on fait descendre tout le monde du bus et les passagers doivent marcher pour contourner la zone d’éboulement et prendre un autre bus qui vient
dans l’autre sens. Les bus font donc un échange de leurs passagers et retournent d’où ils viennent. C’est comme ca tous les passagers du bus ont du grimper une montagne avec tous leurs bagages
pour contourner la zone d’éboulement, puis redescendre de l’autre côté de la montagne ; ce qui nous aura pris plus de 2h de marche, causé quelques chutes pour certains et improvisé un
commerce fructueux pour d’autres qui proposaient de porter tes bagages moyennant quelques billets.
Après plus de 36h de trajet, j’arrive à Cusco. C’est la deuxième fois que j’y allais, cette fois plus pour visiter des amies psychologues de mon travail et
découvrir tranquillement la ville. Je n’ai finalement pas beaucoup vu mes amis et ai donc plus profité des paysages et de l’atmosphère qu’offre cette ville.
Cusco est une ville magnifique, ce n’est pas pour rien qu’elle a été classée patrimoine mondial par l’Unesco, mais souffre de sa réputation : (presque) tout respire le
tourisme. Les gens t’abordent en te parlant anglais, on essaie de te vendre n’importe quelle babiole ou souvenir à chaque coin de rue, on croise plus de blancs dans la rue que de péruviens, les
prix sont plus élevés de ce que j’ai pris l’habitude de voir en vivant au Pérou, des dames défilent dans les rues avec leur lama joliment déguisé pour inciter les gens à se faire prendre en photo
avec un super-lama-qu’il-est-trop-mignon, et tous les commerces se trouvant dans le centre sont soit un hôtel, un restaurant, une agence de tourisme, un magasin d’artisanat et de souvenirs, ou
tout cela à la fois.
Malgré tout cela, Cusco m’a paru être une ville agréable… disons que j’ai réussi à me faire ma propre expérience du lieu en tentant de la vivre « à la
péruvienne » (même si, en fait les péruviens ont une façon de voyager assez consommatrice que je n’aime pas trop). Une ville passionnante par son histoire et les traces de sa culture. Le bon
point, c’est qu’il ya tellement de ruines et de sites archéologiques disséminés un peu partout, que tu n’as pas besoin de te faire de planning, juste se laisser aller au gré de ta balade et tu
tombes toujours sur une perle. Je vous laisse juger par les photos ;)
J'ai trouvé le sosie de Serge Lama! En arrière-plan, Cusco et la colline "Viva el Peru glorioso"
Après avoir passé 7 jours à Cusco, je prends mon bus direction Puno d’où je prendrai un combi (mini bus) jusque la frontière bolivienne. Depuis le poste frontière, je marche
quelques heures jusque Copacabana, où je resterai quelques jours. Un conseil aux voyageurs : n’arrivez pas un lundi ou un mardi à Copacabana si vous venez depuis le
Pérou ! Les banques sont fermées et il est compliqué de retirer des bolivianos… heureusement qu’il me restait des soles péruviens pour les changer en monnaie locale, sinon la seule
possibilité est de retourner à la frontière avec le Pérou pour retirer de l’argent… Mais c’est grâce à cette difficulté que j’ai fait la rencontre de Fatima, une dame bolivienne qui tient son
bar-resto à Copacabana, qui parle super bien le français et l’anglais et qui est pleine de bons conseils.
La plage de Copacabana
Copacabana et son église, derrière se trouve "el calvario" une colline où les gens montent pour aller prier.
Crochet et séjour forcé à La Paz pour traitement médical après avoir été mordu par un chien lors d’une balade dans la campagne de Copacabana. Où je ferai la
connaissance de Bruno, un français qui est en Amérique du Sud depuis des années et dont on dirait qu'il a finit par s'égarer dans son existence, et d’Elisabeth une assistante sociale allemande en
vacances pour quelques semaines dans le coin.
Plaza Murillo, un haut lieu d'attraction où vivent des centaines de pigeons
La maison de la démocratie laissée à l'abandon?
Retour à Copacabana, retrouvaille imprévue avec Elisabeth et des amis à elle (Martin et Martina, un couple de suisses), rencontre avec un canadien dont j’ai
oublié le nom… On décide de tous partir en trek le lendemain, direction la Isla del Sol : haut lieu mythologique de la culture inca, c’est là que serait né Manco Capac et mama Ocllo, les
fondateurs de l’empire Inca… En fait, au niveau des ruines et sites archéologiques, le coin fait un peu pâle figure comparé à Cusco, mais il a l’avantage de se situer dans le cadre hyper charmant
du lac Titicaca.
Prochaine étape : la ville d’Arequipa au Pérou! Ah oui, entre temps j’ai repassé la frontière péruvienne, un grand moment d’émotion ! Je me sentais comme
si je rentrais à la maison… C’est que je me suis petit à petit habitué à la vie à Ayacucho. J’y ai mes repères, mes bons plans, mes coups de cœurs, mes lieux de prédilection, un chouette travail
et de chouettes collègues, des chouettes amis, de chouettes souvenirs, … tout cela me rendait un peu impatient de retourner à Ayacucho.
Justement, à Arequipa j’ai revu Lena, une amie bretonne en voyage en Amérique du Sud pour plusieurs mois que j’avais connue à Ayacucho il y a quelques semaines. Après quelques
jours de repos et de visite tranquille de la ville, on a décidé de s’attaquer à un monstre : le Volcan « El Misti » ! Je n’ai pas bien compris ce que veut
dire ce mot, si c’est du Quechua ou du Aymara, mais je ne préfère pas le savoir… Ce volcan, de plus de 5800 mètres d’altitude, a été pendant des centaines d’années le tombeau de momies incas,
sacrifices humains que les incas offraient à la montagne et qui ont été conservées par les glaciers.
C’est donc armés de barres de céréales, de noix, amandes et fruits secs, de 5 litres d’eau chacun, de bottes de montagnes, crampons, battons de marche, et d’une bonne dose de
motivation que nous nous sommes mis en route avec notre guide pour une ascension de 2500 mètres en 13h de marche, une courte nuit à 4600 mètres d’altitude, et la descente des 2500m en seulement 5
heures. Du plaisir pour les genoux !
La montée, en grande partie pendant la nuit... Quand le jour se lève, t'as trop bon de voir un peu où tu es : au dessus des nuages!
La descente
Dans la tente, avec Lena, en essayant de se reposer quand même un peu à 4600m
Si cette partie du voyage vous intéresse, je vous invite à aller voir la page sur le blog de Lena, ses photos sont mieux réussies que les miennes et sa description assez juste
:
http://lenaestaviajando.over-blog.fr/article-arequipaaaa-68091506.html
link
Dernière étape : la ville de Chincha sur la côte pacifique, au sud de Lima ! Quand je pensais au Pérou depuis l’étranger, j’imaginais plutôt des incas se baladant à
dos de lama dans les Andes… En fait, une fois qu’on s’intéresse au Pérou, c’est déroutant car on va de surprises en surprises tant sa culture et son histoire est variée… En fait, avant les incas,
le Pérou a été peuplé par des dizaines de civilisations ayant chacune ses caractéristiques… C’est par exemple le cas de la culture Chincha dont on sait peu de choses. Lorsque les espagnols sont
arrivés en Amérique du Sud, ils ont apportés dans leurs valises des milliers d’esclaves africains qui travaillaient dans les champs. Aujourd’hui, Chincha reste témoin de sa civilisation passée et
est devenu le cœur de la culture afro-péruvienne qui se traduit surtout par sa musique, ses danses et sa cuisine. Cette semaine-là s’y déroulait le festival « Verano Negro ».

Anecdote: dans chaque ville où je suis passé, j'ai rencontré quelqu'un que j'avais connu à Ayacucho, c'est fou quand même ça!
Les photos se trouvent dans l'album "voyage 11", j'ai plein d'autres jolies
photos, mais pas moyen de les mettre en ligne, on dirait que le serveur déconne...
Là, je suis de nouveau à Ayacucho où on vient de passer les fêtes de
carnaval entre amis. La suite du programme vous la saurez prochainement!
Tchouss, et n'oubliez pas de m'envoyer aussi de vos nouvelles hein!
Quentin